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Quotité d'assurance emprunteur : comment bien la répartir entre co-emprunteurs

50/50, 70/30 ou 100 % sur chaque tête ? La quotité détermine ce que l'assurance rembourse si un co-emprunteur décède ou perd son autonomie. Voici comment bien la répartir.

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Akim D.

Illustration : quotité assurance emprunteur

Vous empruntez à deux, le dossier de prêt est presque bouclé, et au détour d'un rendez-vous le conseiller vous demande : « et pour la quotité d'assurance emprunteur, on part sur du 50/50 ? » Vous dites oui — sans trop savoir ce que vous venez de décider.

C'est pourtant l'un des choix les plus lourds de conséquences du dossier : une répartition mal calibrée peut laisser le co-emprunteur survivant avec une mensualité impossible à assumer seul, au pire moment de sa vie. Et cette décision, prise en deux minutes, engage souvent vingt ou vingt-cinq ans.

Dans cet article, vous allez comprendre ce qu'est exactement la quotité, ce qu'elle change concrètement en cas de décès ou d'invalidité, comment comparer les répartitions classiques (50/50, 70/30, 100/100), et comment la faire évoluer après la signature grâce à la loi Lemoine.

La quotité d'assurance emprunteur, c'est quoi exactement ?

La quotité, c'est la part du capital emprunté que l'assurance couvre sur la tête de chaque assuré, exprimée en pourcentage. La règle de base est simple : à vous deux, la couverture doit atteindre au moins 100 % du capital emprunté — et elle peut monter jusqu'à 200 %, c'est-à-dire 100 % sur chaque tête.

Concrètement, pour un prêt de 200 000 € :

  • en 50/50, chacun est assuré pour 100 000 € ;
  • en 70/30, l'un est assuré pour 140 000 €, l'autre pour 60 000 € ;
  • en 100/100, chacun est assuré pour la totalité des 200 000 €.

Si vous empruntez seul, la question ne se pose pas : la banque exige une quotité de 100 % sur votre tête. La hauteur à laquelle le prêt doit être assuré fait d'ailleurs partie des exigences que la banque doit formaliser dès le départ dans la fiche standardisée d'information qu'elle vous remet.

Ce que la quotité change le jour où tout bascule

La quotité s'applique aux garanties de votre contrat : décès, perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA), et selon les contrats invalidité ou incapacité de travail (IPT, ITT). Elle ne se ressent jamais au moment de la signature : elle se découvre le jour du sinistre.

Couple de co-emprunteurs examinant la répartition de leur assurance de prêt avec une conseillère
Couple de co-emprunteurs examinant la répartition de leur assurance de prêt avec une conseillère

Reprenons le prêt de 200 000 €, avec 150 000 € restant dus au moment où l'un des deux co-emprunteurs décède :

  • quotité 50/50 : l'assureur rembourse 75 000 € à la banque. Le survivant continue de payer la mensualité correspondant aux 75 000 € restants — avec un seul revenu ;
  • quotité 70/30, si le défunt portait 70 % : l'assureur rembourse 105 000 €, le survivant assume le solde ;
  • quotité 100/100 : l'assureur solde l'intégralité du capital restant dû. Le survivant conserve le logement, sans plus aucune mensualité.

C'est exactement le même mécanisme pour une PTIA, et, en proportion des mensualités, pour une incapacité de travail couverte : la part prise en charge suit la quotité de la personne touchée.

50/50, 70/30, 100/100 : le comparatif

RépartitionSi un assuré est touchéCoûtProfil type
50/50La moitié du restant dû est rembourséeLe plus basRevenus équivalents et confortables
70/3070 % ou 30 % remboursés selon la tête touchéeIntermédiaireRevenus déséquilibrés
100/100Prêt soldé en totalité, quel que soit l'assuréLe plus élevéSécurité maximale, enfants à charge

Le 100/100 revient à couvrir 200 % du capital : la cotisation totale est donc naturellement plus élevée qu'en 50/50, sans être mécaniquement le double, car chaque tête est tarifée selon son âge, sa santé et son métier. À l'inverse, une répartition asymétrique bien pensée coûte à peine plus qu'un 50/50 tout en protégeant réellement le foyer.

Comment choisir votre répartition : 4 questions à vous poser

La bonne quotité n'est pas celle qui colle à vos revenus d'aujourd'hui, c'est celle qui rend la mensualité payable par celui qui reste. Posez-vous ces quatre questions, dans l'ordre :

  1. Qui apporte quoi ? La répartition des revenus est le point de départ : si l'un porte 70 % des ressources du foyer, une quotité 70/30 reflète le risque réel mieux qu'un 50/50 par défaut.
  2. Le survivant pourrait-il payer seul sa part restante ? Faites le calcul en euros : mensualité restante après sinistre contre reste à vivre avec un seul revenu. Si la réponse est non, augmentez la quotité de l'autre tête.
  3. Vos âges, métiers et situations de santé sont-ils très différents ? Assurer davantage la personne dont la disparition serait la plus lourde financièrement est le réflexe juste — même si sa cotisation individuelle est plus chère.
  4. Combien coûte l'écart vers le 100/100 ? Demandez systématiquement les deux devis chiffrés. Pour un couple avec enfants, la sur-prime est souvent le prix de la tranquillité ; sans personne à charge et avec deux bons revenus, elle peut être superflue.
Un doute sur les garanties réelles de votre assurance de prêt ? Vous pouvez la faire analyser par AssuranceClaire : garanties, exclusions et doublons repérés en quelques minutes.

Quotité et questionnaire médical : le seuil des 200 000 € par assuré

Depuis la loi Lemoine du 28 février 2022, l'assureur ne peut plus vous demander ni questionnaire ni examen médical lorsque deux conditions sont réunies (article L. 113-2-1 du Code des assurances, en vigueur depuis le 1er juin 2022) :

  • la part assurée sur l'encours cumulé de vos crédits ne dépasse pas 200 000 € par assuré ;
  • le prêt est intégralement remboursé avant votre 60e anniversaire.

Or la part assurée, c'est précisément le capital multiplié par votre quotité. Votre répartition peut donc faire passer chacun de vous sous le seuil des 200 000 € — ou au-dessus. Exemple : pour 350 000 € empruntés à deux, un 50/50 représente 175 000 € par assuré, sous le seuil ; un 100/100 porte chaque tête à 350 000 €, et le questionnaire médical redevient possible. Si l'un de vous a un antécédent de santé, ce paramètre mérite d'entrer dans le choix — sans oublier que le droit à l'oubli permet par ailleurs de ne pas déclarer un cancer ou une hépatite C dont le protocole thérapeutique est terminé depuis plus de 5 ans (article L. 1141-5 du Code de la santé publique), et que la convention Aeras s'applique automatiquement en cas de risque aggravé de santé.

La quotité d'assurance emprunteur en chiffres
La quotité d'assurance emprunteur en chiffres

Peut-on changer de quotité en cours de prêt ?

Modifier la répartition au sein de votre contrat actuel n'est pas un droit automatique : cela passe par un avenant, avec l'accord de l'assureur et de la banque. En revanche, changer d'assurance emprunteur est devenu un droit permanent : la loi Lemoine vous permet de résilier à tout moment, sans frais ni préavis (article L. 113-12-2 du Code des assurances, applicable aux offres émises depuis le 1er juin 2022 et à tous les contrats depuis le 1er septembre 2022).

C'est l'occasion idéale de remettre la quotité à plat : nouveau contrat, nouvelle répartition. Deux conditions pratiques :

  • le nouveau contrat doit respecter l'équivalence des garanties exigée par la banque — y compris la quotité minimale qu'elle demande ;
  • la banque doit vous répondre sous 10 jours ouvrés, motiver tout refus, et établir l'avenant au contrat de prêt sans frais (article L. 313-31 du Code de la consommation).

Pour la marche à suivre détaillée, consultez notre guide changer d'assurance emprunteur avec la loi Lemoine.

Les erreurs que je vois le plus souvent

En dix-sept ans de contrats d'assurance décortiqués, ce sont toujours les mêmes pièges qui reviennent sur la quotité :

  • Le 50/50 par défaut. C'est la répartition proposée quand personne ne pose de question. Elle n'est adaptée qu'aux couples dont les deux revenus permettent, chacun, de tenir la moitié de la mensualité seuls.
  • Sous-assurer le parent au foyer. Un co-emprunteur sans salaire a pourtant une vraie valeur économique : s'il disparaît, il faut financer garde d'enfants et organisation du quotidien, en plus de la part de mensualité non couverte.
  • Confondre quotité et garanties. Un 100/100 assorti de garanties faibles (pas d'ITT, exclusions larges) protège moins bien qu'un 70/30 aux garanties solides. Les deux paramètres se lisent ensemble.
  • Ne jamais relire sa quotité. Renégociation, rachat de crédit, séparation, écart de revenus qui se creuse : la répartition choisie à la signature vieillit, elle aussi.
Co-emprunteurs calculant la part de mensualité que chacun pourrait assumer seul
Co-emprunteurs calculant la part de mensualité que chacun pourrait assumer seul

Si vous ne savez plus quelle répartition ni quelles garanties figurent dans votre contrat actuel, vous pouvez les faire ressortir en quelques minutes avec AssuranceClaire, exclusions comprises — c'est le point de départ avant toute renégociation.

Ce qu'il faut retenir

  • La quotité est la part du capital assurée sur chaque tête : minimum 100 % au total, maximum 200 % à deux.
  • Elle détermine ce que l'assureur rembourse en cas de décès, de PTIA ou d'incapacité couverte — et donc ce que le survivant devra continuer de payer.
  • Choisissez-la en fonction de la capacité de chacun à payer seul, pas seulement du partage des revenus.
  • La répartition joue aussi sur le seuil des 200 000 € par assuré qui dispense de questionnaire médical.
  • Grâce à la loi Lemoine, vous pouvez changer d'assurance — et donc repenser votre quotité — à tout moment, sans frais.

Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil professionnel adapté à votre situation : pour les cas complexes (santé, patrimoine, séparation), faites-vous accompagner.

Sources

  • Article L. 113-2-1 du Code des assurances (suppression du questionnaire médical : 200 000 € par assuré, remboursement avant 60 ans) — Légifrance, en vigueur depuis le 1er juin 2022, consulté le 19 juillet 2026 (https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045271000)
  • Article L. 113-12-2 du Code des assurances (résiliation à tout moment de l'assurance emprunteur) — Légifrance, en vigueur depuis le 1er juin 2022, consulté le 19 juillet 2026 (https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045271930)
  • Article L. 313-31 du Code de la consommation (réponse du prêteur sous 10 jours ouvrés, refus motivé, avenant sans frais) — Légifrance, consulté le 19 juillet 2026 (https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045271953)
  • Loi n° 2022-270 du 28 février 2022 (« loi Lemoine ») : résiliation à tout moment, questionnaire médical, droit à l'oubli ramené à 5 ans (article L. 1141-5 du Code de la santé publique) — Légifrance / JORF du 1er mars 2022 (https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045268729)
  • Assurance emprunteur d'un crédit immobilier — Service-Public.fr, fiche F1671, vérifiée le 20 mai 2025 (https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1671)
  • Crédit immobilier : garanties décès, PTIA, incapacité de l'assurance emprunteur — Service-Public.fr, fiche F21128, vérifiée le 2 mai 2024 (https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F21128)
  • Assurance emprunteur : comment répartir vos quotités ? — Generali, 31 janvier 2024 (https://www.generali.fr/actu/assurance-emprunteur-quotites/)

Questions fréquentes

La banque peut-elle imposer une quotité de 100 % sur chaque co-emprunteur ?

La banque fixe la couverture minimale qu'elle exige dans la fiche standardisée d'information : au moins 100 % du capital au total. Elle peut recommander du 100/100, mais la répartition entre co-emprunteurs se discute avec elle au moment du prêt. Vous restez par ailleurs libre de choisir votre assureur, tant que les garanties et la quotité demandées sont respectées.

Peut-on modifier la répartition de la quotité en cours de prêt ?

Pas automatiquement : au sein du même contrat, il faut un avenant accepté par l'assureur et la banque. En revanche, la loi Lemoine permet de changer d'assurance emprunteur à tout moment et sans frais, ce qui est l'occasion de repartir sur une nouvelle répartition, sous réserve de respecter l'équivalence des garanties exigée par la banque.

Une quotité 100/100 coûte-t-elle deux fois plus cher qu'une 50/50 ?

Elle couvre 200 % du capital au lieu de 100 %, donc la cotisation totale augmente nettement, sans être forcément le double exact : chaque tête est tarifée selon son âge, sa santé et sa profession. Demandez les deux devis chiffrés pour mesurer l'écart réel avant de décider.

Que devient la quotité en cas de séparation des co-emprunteurs ?

Si l'un des deux reprend le prêt à son seul nom (désolidarisation), la banque exigera qu'il soit assuré à 100 % sur sa tête, ce qui passe par une mise à jour de l'assurance. Tant que le prêt reste au nom des deux, les quotités souscrites continuent de s'appliquer, même après la séparation.

AK

Akim D.

Fondateur d'AssuranceClaire — Expert en assurance (17 ans d'expérience)

Fondateur d'AssuranceClaire. Fort de 17 ans d'expérience en assurance et en assistance (auto, habitation, santé), Akim met son expertise au service des particuliers pour les aider à comprendre enfin leurs contrats : garanties, exclusions et doublons de couverture, expliqués sans jargon. Il a conçu AssuranceClaire pour rendre accessible à tous ce qui restait jusque-là réservé aux initiés.

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