Franchise d'assurance : comment elle marche et comment la choisir
Absolue, relative ou proportionnelle : la franchise détermine ce qui reste à votre charge après un sinistre. Voici comment elle fonctionne et comment choisir le bon niveau.
Akim D.

Vous venez de déclarer un sinistre, l'expert est passé, et le remboursement annoncé est amputé de 150 € sans que personne ne vous ait vraiment prévenu. Cette somme qui reste à votre charge, c'est la franchise — et elle surprend encore beaucoup d'assurés au pire moment.
Le piège est double : choisir un contrat uniquement sur le prix de la prime sans regarder la franchise, ou découvrir au moment du sinistre qu'elle change selon la garantie concernée. Dans les deux cas, la facture peut être bien plus lourde que prévu.
Dans cet article, vous allez apprendre ce qu'est exactement une franchise d'assurance, comment se calculent les trois grands types de franchise (avec des exemples chiffrés), quelles franchises sont fixées par la loi, et comment choisir le bon niveau de franchise pour votre situation.
La franchise d'assurance, c'est quoi exactement ?
La franchise est la somme qui reste à votre charge après l'indemnisation versée par votre assureur. C'est la définition retenue par l'administration française : lors d'un sinistre couvert, l'assureur déduit ce montant de l'indemnité (ou n'intervient pas du tout en dessous d'un certain seuil, selon le type de franchise).
Pourquoi ce mécanisme existe-t-il ? Il partage les frais entre l'assureur et l'assuré, et évite à l'assureur de gérer une multitude de petits sinistres dont le traitement coûterait plus cher que le dommage lui-même. En contrepartie, une franchise élevée se traduit en principe par une prime d'assurance plus basse — c'est tout l'arbitrage que nous verrons plus loin.
Point important : la franchise ne s'applique que dans le cadre prévu par votre contrat. Le contrat doit préciser les montants, les garanties concernées et les situations dans lesquelles elle joue. Une même police peut prévoir une franchise différente pour le vol, le bris de glace ou le dégât des eaux.
Les trois grands types de franchise
Il n'existe pas une franchise, mais plusieurs mécanismes très différents. Le type de franchise change du tout au tout ce que vous touchez après un sinistre, à montant de dommages identique.

La franchise absolue : toujours déduite
C'est la plus répandue. La franchise absolue est systématiquement soustraite de votre indemnisation, quel que soit le montant du sinistre. Exemple donné par Service-Public : pour un sinistre de 200 € avec une franchise absolue de 150 €, vous recevez 50 €. Si les dommages sont inférieurs ou égaux à 150 €, vous ne recevez rien.
La franchise relative : tout ou rien
La franchise relative (ou simple) fonctionne comme un seuil de déclenchement. En dessous du seuil, l'assureur ne verse rien ; au-dessus, il indemnise intégralement, sans déduction. Avec une franchise relative de 150 € : un sinistre de 100 € n'est pas indemnisé du tout, mais un sinistre de 300 € est remboursé en totalité, soit 300 €.
La franchise proportionnelle : un pourcentage du sinistre
Ici, la franchise correspond à un pourcentage du montant des dommages, souvent encadré par un minimum et un maximum fixés au contrat. Exemple : avec une franchise proportionnelle de 10 %, un sinistre de 100 € donne lieu à une indemnisation de 90 €. Plus le sinistre est important, plus la somme restant à votre charge augmente.
Comparer les types de franchise en un coup d'œil
Pour visualiser la différence, voici ce que vous percevriez pour un même sinistre de 1 000 €, selon le mécanisme prévu au contrat (franchise de 150 € ou de 10 %) :
| Type | Principe | Vous recevez |
|---|---|---|
| Absolue (150 €) | Toujours déduite | 850 € |
| Relative (150 €) | Rien sous le seuil, tout au-dessus | 1 000 € |
| Proportionnelle (10 %) | Un % des dommages reste à votre charge | 900 € |
Côté calcul, le contrat peut exprimer la franchise de trois façons : un montant fixe (par exemple 150 €), un pourcentage des dommages, ou une combinaison des deux (par exemple 10 % du sinistre avec un plafond de 300 €). Ces modalités figurent noir sur blanc dans vos conditions particulières.
Les franchises que vous ne pouvez pas négocier : les catastrophes naturelles
La plupart des franchises sont contractuelles : chaque assureur fixe librement ses montants. Il existe une grande exception. En cas de catastrophe naturelle reconnue par arrêté interministériel, la franchise est fixée par la réglementation et aucun contrat ne peut la modifier (Code des assurances, articles A125-2 à A125-6-5).
Les montants applicables pour les particuliers, rappelés par Service-Public (pages vérifiées en 2025-2026) :
- 380 € de franchise sur les biens à usage d'habitation et les biens non professionnels ;
- 1 520 € lorsque le dommage résulte d'un mouvement de terrain consécutif à la sécheresse ou à la réhydratation des sols.
Les délais sont eux aussi encadrés : vous avez 30 jours au plus tard après la publication de l'arrêté au Journal officiel pour déclarer le sinistre, l'assureur doit verser une provision dans les 2 mois suivant la remise de l'estimation des dommages, et l'indemnisation complète intervient dans un délai de 3 mois.

Où trouver votre franchise dans le contrat ?
Concrètement, les franchises se cachent dans deux endroits : les conditions particulières (le document qui personnalise votre contrat, avec les montants qui vous concernent) et le tableau des garanties, où chaque ligne — vol, incendie, bris de glace, dégât des eaux — peut afficher sa propre franchise. C'est là que naissent la plupart des mauvaises surprises : on retient « franchise 150 € » alors que la garantie vol du même contrat en prévoit une autre.
Après 17 ans passés à décortiquer des contrats et à accompagner des assurés en plein sinistre, je peux vous le confirmer : la question « quelle est ma franchise ? » n'a presque jamais une seule réponse. Il y en a souvent trois ou quatre différentes dans la même police.
Un doute sur les franchises réellement prévues par votre contrat ? Vous pouvez le faire analyser par l'IA d'AssuranceClaire : garanties, exclusions, franchises et doublons repérés en quelques minutes.
Comment choisir le bon niveau de franchise ?
Le choix de la franchise est un arbitrage entre deux dépenses : ce que vous payez chaque année (la prime) et ce que vous paierez le jour du sinistre (la franchise). Une franchise haute allège la cotisation mais alourdit le reste à charge ; une franchise basse fait l'inverse.

Pour trancher, posez-vous trois questions :
- Quelle somme pouvez-vous absorber sans difficulté en cas de coup dur ? Si sortir 600 € du jour au lendemain est un problème, une franchise élevée est un faux bon plan, même si la prime paraît attractive.
- Quelle est votre exposition réelle au risque ? Un conducteur qui roule beaucoup en ville, un logement en zone inondable : plus le sinistre est probable, plus une franchise basse se justifie. À l'inverse, si vous déclarez rarement des sinistres, une franchise plus haute peut réduire durablement votre budget. Notre guide sur l'assurance auto jeune conducteur montre bien cet arbitrage : les conducteurs novices cumulent souvent surprime et franchise majorée.
- La franchise est-elle cohérente garantie par garantie ? Comparez la franchise de chaque garantie avec la valeur des biens qu'elle protège. Une franchise de 300 € sur un capital mobilier modeste peut vider la garantie de son intérêt — le même raisonnement que pour bien choisir ses garanties d'assurance habitation.
Certains assureurs proposent enfin le « rachat de franchise » : une option payante qui réduit ou supprime la franchise sur certaines garanties (on la rencontre souvent en location de voiture). Elle se juge comme le reste : en comparant son coût au montant de franchise réellement évité.
Les erreurs fréquentes que je vois sur le terrain
Voici les pièges qui reviennent le plus souvent dans les contrats que j'analyse :
- Comparer les contrats sur la seule prime. Deux contrats à 20 € près peuvent cacher 300 € d'écart de franchise. Le vrai prix d'un contrat, c'est prime + franchise probable en cas de sinistre.
- Découvrir la franchise au moment du sinistre. Le bon réflexe est de la vérifier à la souscription puis à chaque avis d'échéance — les montants peuvent évoluer d'une année sur l'autre.
- Oublier que chaque garantie a sa propre franchise. Bris de glace, vol, catastrophe naturelle : les montants diffèrent souvent au sein du même contrat, comme le rappellent aussi les exclusions de garantie en assurance auto, autre zone du contrat que l'on ne lit qu'après coup.
- Ne pas poser la question du recours. Après un accident dont vous n'êtes pas responsable, demandez explicitement à votre assureur si et quand votre franchise vous sera remboursée : les modalités dépendent de votre contrat et de l'aboutissement du recours contre le responsable. Exigez la réponse par écrit.
- Payer deux fois la même protection. Un rachat de franchise souscrit alors qu'une autre assurance (carte bancaire, contrat existant) couvre déjà le même risque est un doublon pur.
Ce qu'il faut retenir
La franchise n'est ni une arnaque ni un détail : c'est un curseur que vous pouvez régler. Retenez l'essentiel : identifiez le type de franchise (absolue, relative, proportionnelle), relevez le montant garantie par garantie, et arbitrez prime contre reste à charge en fonction de votre capacité à encaisser un coup dur. Seules les franchises catastrophes naturelles échappent à la négociation, car la loi les fixe pour tout le monde.
Et si la lecture de vos conditions particulières vous décourage, faites-vous aider : l'analyse de contrat AssuranceClaire met à plat garanties, exclusions et franchises de votre police en quelques minutes. Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil professionnel personnalisé.
Sources
- Comment fonctionne la franchise en matière d'assurance habitation ? — Service-Public.fr (DILA), page vérifiée le 21 octobre 2025 (https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31257)
- Franchise d'assurance automobile : comment ça marche ? — Service-Public.fr (DILA), page vérifiée le 14 avril 2025 (https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2706)
- Indemnisation en cas de catastrophe naturelle — Service-Public.fr (DILA), page vérifiée le 10 avril 2026 (https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F3076)
- Code des assurances, articles L121-1 à L121-17 et A125-2 à A125-6-5 — Légifrance (référencés par les fiches Service-Public ci-dessus)
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre franchise absolue et franchise relative ?
La franchise absolue est toujours déduite de l'indemnisation : pour un sinistre de 200 € avec 150 € de franchise, vous touchez 50 €. La franchise relative fonctionne en tout ou rien : en dessous du seuil, l'assureur ne verse rien ; au-dessus, il indemnise intégralement, sans déduction.
Quel est le montant de la franchise en cas de catastrophe naturelle ?
Elle est fixée par la réglementation et aucun contrat ne peut la modifier : 380 € pour les biens à usage d'habitation et autres biens non professionnels, et 1 520 € lorsque le dommage résulte d'un mouvement de terrain lié à la sécheresse ou à la réhydratation des sols (montants rappelés par Service-Public.fr, 2026).
Peut-on supprimer ou racheter sa franchise ?
Certains assureurs proposent une option payante de « rachat de franchise » qui réduit ou supprime la franchise sur certaines garanties — on la rencontre souvent en location de voiture. Comparez son coût au montant de franchise réellement évité, et vérifiez qu'une autre assurance ne couvre pas déjà le même risque.
La franchise s'applique-t-elle si je ne suis pas responsable de l'accident ?
Tout dépend de votre contrat et du recours que votre assureur peut exercer contre le responsable. Le bon réflexe est de demander par écrit à votre assureur dans quels cas votre franchise vous est remboursée : la réponse figure dans vos conditions générales et particulières.
Akim D.
Fondateur d'AssuranceClaire — Expert en assurance (17 ans d'expérience)
Fondateur d'AssuranceClaire. Fort de 17 ans d'expérience en assurance et en assistance (auto, habitation, santé), Akim met son expertise au service des particuliers pour les aider à comprendre enfin leurs contrats : garanties, exclusions et doublons de couverture, expliqués sans jargon. Il a conçu AssuranceClaire pour rendre accessible à tous ce qui restait jusque-là réservé aux initiés.