Bonus-malus auto : comprendre enfin le coefficient qui fait varier votre prime
Coefficient de départ, bonus qui grimpe de 5 % par an, malus après un sinistre responsable : le bonus-malus décide d'une bonne partie de votre prime auto. Voici comment il se calcule vraiment, et comment protéger votre coefficient.
Akim D.

Votre avis d'échéance affiche un mystérieux « coefficient : 0,85 », celui d'un collègue indique 0,50, et vous ne savez pas vraiment ce que ces chiffres changent au montant que vous payez. Le bonus-malus fait pourtant varier votre prime du simple au double — et parfois bien plus.
Mal le comprendre coûte cher : on hésite à déclarer un bris de glace par peur d'un malus qui n'existe pas, on croit qu'un accident vous suit à vie, ou qu'il suffit de changer d'assureur pour effacer l'ardoise. Autant d'idées fausses qui mènent à de mauvaises décisions.
Dans cet article, vous allez apprendre comment le coefficient de bonus-malus se calcule exactement (avec les vrais chiffres du Code des assurances), quels sinistres le font monter — et lesquels ne le touchent pas —, et comment protéger votre bonus au fil des années.
Le bonus-malus en assurance auto, comment ça marche ?
Le bonus-malus porte un nom officiel : le coefficient de réduction-majoration, ou CRM. Son fonctionnement est fixé par la clause type annexée à l'article A121-1 du Code des assurances : tous les assureurs français appliquent exactement les mêmes règles de calcul, elles ne relèvent pas du contrat ni du bon vouloir de votre compagnie.
Le principe tient en une multiplication. Chaque année, votre assureur établit une prime de référence pour votre profil (véhicule, zone géographique, usage, kilométrage…), puis la multiplie par votre coefficient :
- vous partez d'un coefficient de 1,00 à la souscription de votre premier contrat ;
- chaque année sans accident responsable le fait baisser (c'est le bonus) ;
- chaque accident responsable le fait monter (c'est le malus).
Un exemple simple : pour une prime de référence de 600 €, un conducteur au coefficient 1,00 paie 600 €, un conducteur au bonus maximal de 0,50 paie 300 €, et un conducteur malussé à 1,25 paie 750 €. Même profil, même voiture : c'est l'historique de conduite qui fait la différence.
Le bonus : moins 5 % par année sans sinistre responsable
La règle est mécanique : après chaque période annuelle sans sinistre responsable, votre coefficient de l'année précédente est multiplié par 0,95, soit une baisse de 5 % (article 4 de la clause type). Le résultat est arrêté à la deuxième décimale, arrondi par défaut.
Le coefficient ne peut jamais descendre sous 0,50 : c'est le bonus maximal, soit une prime divisée par deux. En partant de 1,00, il faut 13 années consécutives sans accident responsable pour l'atteindre.
| Années sans sinistre | Coefficient | Prime (base 600 €) |
|---|---|---|
| Départ | 1,00 | 600 € |
| 1 an | 0,95 | 570 € |
| 2 ans | 0,90 | 540 € |
| 3 ans | 0,85 | 510 € |
| 5 ans | 0,76 | 456 € |
| 10 ans | 0,60 | 360 € |
| 13 ans | 0,50 | 300 € |
Petite subtilité que peu de conducteurs connaissent : pour les véhicules utilisés en usage « Tournées » ou « Tous déplacements » (commerciaux, professionnels de la route), la réduction annuelle est de 7 % au lieu de 5 % — le bonus se construit plus vite.
Le malus : plus 25 % par sinistre responsable
Dans l'autre sens, chaque accident dont vous êtes entièrement responsable multiplie votre coefficient par 1,25 (article 5 de la clause type). Et les majorations se cumulent : deux sinistres responsables la même année, c'est 1,00 × 1,25 × 1,25 = 1,56.
Deux garde-fous encadrent le mécanisme :
- responsabilité partagée : si votre responsabilité n'est que partiellement engagée (accident avec torts partagés, notamment avec un piéton ou un cycliste), la majoration est réduite de moitié, soit 12,5 % (coefficient 1,12 après arrondi pour un premier sinistre) ;
- plafond : le coefficient ne peut jamais dépasser 3,50, soit une prime multipliée par 3,5 au maximum.
| Situation | Coefficient | Prime (base 600 €) |
|---|---|---|
| 1 sinistre resp. | 1,25 | 750 € |
| Resp. partielle | 1,12 | 672 € |
| 2 sinistres resp. | 1,56 | 936 € |
| Plafond | 3,50 | 2 100 € |
La « descente rapide » : deux ans sans accident et le malus s'efface
C'est la règle la plus rassurante — et la plus méconnue — du système : après deux années consécutives sans sinistre responsable, votre coefficient ne peut pas être supérieur à 1,00, quel que soit le malus accumulé auparavant. Un conducteur monté à 2,00 après une mauvaise série revient donc à 1,00 en deux ans, là où la simple baisse de 5 % par an lui aurait pris une quinzaine d'années. Un malus n'est jamais une condamnation à vie.
Le bonus 0,50 « protégé » après trois ans
Autre protection prévue par la clause type : si votre coefficient est resté à 0,50 depuis au moins trois ans, votre premier accident responsable n'entraîne aucune majoration. Votre bonus maximal est en quelque sorte « blindé » — la protection se reconstitue ensuite après une nouvelle période de trois ans à 0,50.

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Ces sinistres qui ne touchent pas votre coefficient
Bonne nouvelle : tous les sinistres ne génèrent pas de malus. La clause type (articles 6 et 7) écarte expressément :
- les sinistres vol, incendie et bris de glace : ils ne majorent pas le coefficient et ne bloquent même pas votre bonus de l'année ;
- le véhicule endommagé en stationnement par un tiers non identifié, dès lors que votre responsabilité n'est engagée à aucun titre ;
- l'accident entièrement imputable à un tiers ou à la victime : si l'autre conducteur est reconnu totalement responsable, votre coefficient ne bouge pas ;
- l'accident causé par un événement de force majeure (obstacle imprévisible, événement extérieur non imputable à l'assuré) ;
- l'accident causé par une personne qui conduisait votre véhicule à votre insu (sauf si elle vit habituellement à votre foyer).
Conséquence pratique : ne renoncez jamais à déclarer un bris de glace ou un vol par peur du malus — cette peur repose sur une confusion. Ce qui compte pour votre coefficient, c'est votre part de responsabilité, indiquée par l'assureur sur la base du constat amiable.
Période de référence et relevé d'information : la mécanique administrative
Le coefficient appliqué à votre échéance n'est pas calculé sur l'année civile : la clause type retient les 12 mois consécutifs qui s'arrêtent 2 mois avant l'échéance annuelle de votre contrat. Un sinistre survenu le mois précédant votre échéance ne sera donc pris en compte que l'année suivante.
Trois règles à connaître sur la vie de votre coefficient :
- il vous suit, pas votre voiture : en cas de changement de véhicule ou d'achat d'un second véhicule, votre CRM est automatiquement transféré (tant que les conducteurs habituels restent les mêmes) ;
- il vous suit aussi chez un nouvel assureur : le coefficient se transmet via le relevé d'information, un document que votre assureur doit vous fournir à la résiliation du contrat, ou dans les 15 jours si vous en faites la demande. Il récapitule votre coefficient, votre nombre d'années au bonus 0,50 et vos sinistres des 5 dernières périodes annuelles ;
- une interruption d'assurance le fige : si votre contrat est suspendu ou interrompu, votre coefficient reste acquis, mais aucune nouvelle réduction ne s'applique si la coupure dépasse trois mois.
Sachez enfin que l'assureur a l'obligation d'indiquer sur votre avis d'échéance la prime de référence, votre coefficient et la prime nette qui en résulte (article 14 de la clause type). Votre bonus-malus n'est pas une boîte noire : il doit apparaître noir sur blanc sur vos documents.
Les cas particuliers qui changent le calcul
Le système du bonus-malus ne s'applique pas à tout le monde de la même façon.
- Véhicules hors système : sauf clause contraire du contrat, les cyclomoteurs, motocyclettes légères (125 cm³), quadricycles à moteur, véhicules de collection et engins agricoles ne sont pas soumis au bonus-malus (article A121-1 du Code des assurances). Les motos de plus de 125 cm³, elles, y sont soumises comme les voitures.
- Surprime jeune conducteur : la majoration appliquée aux conducteurs novices est un mécanisme distinct du malus, qui s'ajoute à la prime de référence et disparaît progressivement avec l'expérience. Un jeune conducteur démarre bien à 1,00 comme tout le monde — notre guide sur l'assurance auto jeune conducteur détaille ce cumul.
- Majorations pour circonstances aggravantes : indépendamment du malus, l'article A121-1-2 du Code des assurances autorise l'assureur à majorer la prime dans des cas graves et limitativement énumérés — jusqu'à 150 % pour un accident responsable en état d'imprégnation alcoolique, jusqu'à 100 % pour un délit de fuite ou une suspension de permis de plus de six mois, avec un cumul plafonné à 400 % de la prime de référence.
Les erreurs que je vois le plus souvent
En dix-sept ans d'assurance et d'assistance, certaines confusions autour du bonus-malus reviennent sans cesse. Voici les cinq plus fréquentes — et coûteuses.
- Croire qu'un malus vous suit à vie. Grâce à la descente rapide, deux années sans accident responsable ramènent n'importe quel coefficient à 1,00. Rouler prudemment deux ans suffit à repartir de zéro.
- Croire qu'on efface un malus en changeant d'assureur. Le relevé d'information transmet votre coefficient au nouvel assureur : le malus voyage avec vous. Comparer les offres reste utile, mais pas pour cette raison-là.
- Ne pas déclarer un bris de glace « pour protéger son bonus ». Ce sinistre n'a aucun effet sur le coefficient. En revanche, tout sinistre doit être déclaré dans les délais du contrat — ne pas le faire vous expose à un refus de garantie.
- Confondre malus et surprime jeune conducteur. Beaucoup de novices croient être « malussés » alors qu'ils paient la surprime d'inexpérience, qui diminue automatiquement chaque année sans accident.
- Ne jamais vérifier son coefficient. Erreur de saisie, sinistre mal qualifié, année de bonus oubliée après un changement de contrat : cela arrive. Vérifiez le coefficient affiché sur votre avis d'échéance et rapprochez-le de votre historique réel. Et si votre contrat lui-même vous semble opaque — garanties, franchises, exclusions —, AssuranceClaire peut l'analyser pour vous et vous en donner une lecture claire.
Ce qu'il faut retenir
Le bonus-malus est l'un des rares mécanismes de l'assurance auto entièrement encadré par la réglementation : mêmes règles pour tous, chiffres publics, calcul vérifiable.
- Départ à 1,00, baisse de 5 % par année sans accident responsable, bonus maximal 0,50 au bout de 13 ans.
- +25 % par sinistre responsable (12,5 % si responsabilité partagée), plafond à 3,50.
- Descente rapide : deux ans sans accident et le coefficient revient à 1,00 maximum.
- Vol, incendie, bris de glace, accident non responsable : aucun effet sur le coefficient.
- Votre coefficient vous suit — d'un véhicule à l'autre et d'un assureur à l'autre, via le relevé d'information.
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Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil professionnel personnalisé : pour une situation particulière (sinistre contesté, résiliation par l'assureur, malus important), rapprochez-vous de votre assureur ou d'un courtier.
Sources
- Annexe à l'article A121-1 du Code des assurances (clause type de réduction-majoration) — Légifrance, version en vigueur depuis le 24 juillet 2025, consultée le 23 juillet 2026 (https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000051155686)
- Article A121-1 du Code des assurances (champ d'application, véhicules exclus) — Légifrance, consulté le 23 juillet 2026 (https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006785942)
- Article A121-1-2 du Code des assurances (majorations pour circonstances aggravantes) — Légifrance, consulté le 23 juillet 2026 (https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000031738013)
- « Bonus-malus dans l'assurance auto » — Service-Public.fr (DILA), fiche F2655, mise à jour du 26 mai 2025, consultée le 23 juillet 2026 (https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2655)
Questions fréquentes
En combien de temps atteint-on le bonus maximal de 0,50 ?
Il faut 13 années consécutives sans sinistre responsable pour passer de 1,00 à 0,50, avec une baisse de 5 % par an. Une fois ce plancher atteint, la prime de référence est divisée par deux et le coefficient ne peut plus descendre.
Est-ce que je perds mon bonus si je change d'assureur ?
Non. Votre coefficient vous suit grâce au relevé d'information que votre ancien assureur doit vous remettre, dans les 15 jours sur simple demande. Le nouvel assureur applique le même coefficient — c'est aussi vrai pour un malus, qui ne s'efface pas en changeant de compagnie.
Un accident dont je ne suis pas responsable fait-il monter mon malus ?
Non. Si l'accident est entièrement imputable à un tiers ou à la victime, votre coefficient ne bouge pas. De même, les sinistres vol, incendie et bris de glace n'entraînent aucun malus et ne bloquent pas la réduction de l'année.
Comment connaître mon coefficient de bonus-malus actuel ?
Il figure obligatoirement sur votre avis d'échéance annuel, avec la prime de référence et la prime nette. Vous pouvez aussi demander à votre assureur un relevé d'information, fourni sous 15 jours : il détaille votre coefficient et vos sinistres des 5 dernières périodes annuelles.
Akim D.
Fondateur d'AssuranceClaire — Expert en assurance (17 ans d'expérience)
Fondateur d'AssuranceClaire. Fort de 17 ans d'expérience en assurance et en assistance (auto, habitation, santé), Akim met son expertise au service des particuliers pour les aider à comprendre enfin leurs contrats : garanties, exclusions et doublons de couverture, expliqués sans jargon. Il a conçu AssuranceClaire pour rendre accessible à tous ce qui restait jusque-là réservé aux initiés.
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